Le Grand Canyon du Colorado, un casse-tête photographique

Situé en Arizona, le Grand Canyon du Colorado est une construction géologique démesurée : 450 kilomètres de long, 30 kilomètres de large, 1300 mètres de profondeur. Enneigé en hiver, très chaud en été, les conditions d’accès sont souvent compliquées.

Le point d’accès principal se trouve sur le bord sud. A partir de là, l’enjeu est de comprendre ce que l’on a sous les yeux et d’en tirer quelques clichés intéressants.

Depuis South Rim – partie 1

Le bord sud du Grand Canyon est accessible sur une cinquantaine de kilomètres. Grand Canyon village accueille des visiteurs depuis une centaine d’années. Des millions de photos ont été prises ici, à commencer par les frères Kolb qui créèrent un studio en 1902. On peut se dire que toutes les images possibles ont été réalisées depuis ce temps. 

J’ai quand même tenté de faire les miennes, jouant avec les ombres et lumières, tentant de trouver le bon endroit. Surprise, en ce déplaçant à pied le long du bord, le paysage change très peu. C’est assez logique avec un bord opposé à 30 km, un premier plan à 4 ou 5, les perspectives changent peu.

Alors on joue sur les cadrages, les ombres, les nuages, la texture des roches pour faire ressortir ce que le Grand canyon est vraiment. Ce n’est pas une « simple vallée » comme les gorges du Tarn ou de l’Ardèche en France. Le Grand Canyon est un massif montagneux à lui seul ! Ce qui le différencie des Alpes est qu’il est en dessous de la plaine qui le borde au lieu d’être au dessus.

Depuis South Rim – partie 2

Illustration des infinies possibilités de photographier le Canyon.

Les 3 photos présentées ont plus ou moins le même sujet principal, le chemin qui mène à Plateau point et le canyon de Bright Angel creek qui mène à l’autre bord.

2 photos ont été prises à quelques minutes d’intervalle. Seule la focale utilisée change (35 vs 100 mm). 

La troisième photo a été prise le lendemain avec une météo complètement différente, l’orage se préparant à frapper le petit canyon.

Voilà l’un des grands problèmes pour le photographe sur le Grand Canyon. Avec un matériel modeste, composé d’un seul boîtier et d’un zoom léger, sans me déplacer outre mesure, j’ai 3 clichés dans un format portrait d’un même sujet principal que j’aurais du mal à départager si j’avais un unique tirage à faire. Et bien évidemment, je n’ai pas fait que 3 photos mais quelques centaines.

Selon les guides locaux, le meilleur endroit pour prendre des photos est le haut du canyon. Je décide alors de faire quelques descentes jusqu’à mi-hauteur.

Dans le canyon

Descendre dans le canyon n’est pas compliqué. Les sentiers sont pratiquement de larges escaliers, des chemins sans aucune difficulté pour le randonneur moyen. En revanche, il faut toujours penser que la remontée se fait sans assistance. Sans oublier que la température augmente rapidement, même en partant à l’aube, effet conjugué de la perte d’altitude et de la puissance du soleil printanier à 2000 mètres d’altitude.

Depuis le bord sud, deux sentiers descendent dans le canyon : Le Bright Angel et le South Kaibab. Le premier est plutôt décevant car la plupart du temps dans une gorge étroite. De ce fait, les perspectives sont assez similaires à celles vues plus haut. Les falaises qui longent le sentier ne sont pas spécialement photogénique et le terrain n’offre pas de point de vue alternatif, coincé que je suis entre la muraille rocheuse et le précipice.

Le South Kaibab est plus propice à la prise vue. Après une descente assez raide dans un canyon secondaire, le chemin s’ouvre rapidement sur le canyon principal et offre un panorama à 180°.

Selon les guides locaux, le meilleur endroit pour prendre des photos est le haut du canyon. Je décide alors de faire quelques descentes jusqu’à mi-hauteur.

Ombres

Comme vu plus haut, les jeux de perspective peuvent être assez difficiles faute de pouvoir accéder où on le souhaite, sauf à être en avion ou hélicoptère. Au passage, les drones sont interdits. Les buttes majestueuses que l’on voit du bord sont souvent à des kilomètres.

En revanche, au lever ou au couchant, un jeu d’ombres des buttes les unes sur les autres permet une mise en valeur intéressante des reliefs et des textures de roche.